Pitch #3 : Terre Franche

Un grand homme a dit un jour (c'était en 1993) "La création est un acte de pure volonté". Loin de moi l'idée de mettre sa parole en doute, mais il omettait de préciser "quand on a les moyens", ce qui était son cas, et pas le mien. De là est née la rubrique "Pitch".

Il s'agit ici de pitcher une oeuvre culturelle que je n'ai pas les moyens de réaliser moi même : un film, une série, un jeu-vidéo ... mais pas un livre parce que rien ne m'empêche d'écrire un livre. A part la flemme mais ça ne compte pas.

Voici donc Pitch #3 : Terre Franche, la série TV.

 

C'est quoi ?

A l'âge de 15 ou 16 ans j'ai lu un bouquin titré Terre Franche. J'en ai un souvenir assez flou et il en existe très peu de traces sur internet, aucun résumé, juste une couverture sur certains sites marchands qui m'a permis de l'identifier et d'en retrouver les principales infos : Terre Franche de Jean Cernaut, paru en 1985 aux éditions Duculot.

De mémoire, il racontait l'histoire d'un petit village quelque part en France (?) qui, pour protester contre la construction d'un barrage sur son sol décidait de déclarer son indépendance vis à vis de l'état. J'en ai peu de souvenirs détaillés mais je me souviens que le processus de déclaration d'indépendance était relativement documenté, invoquant le "droit des peuples à disposer d'eux-mêmes" et citant l'Algérie comme exemple. En dehors de ces éléments concrets, le ton du livre était plutôt naïf, destiné à un lectorat jeune. J'ai notamment en tête un point qui me semble difficilement crédible : dans l'histoire seuls les enfants prenaient ouvertement part à des actions pour revendiquer l'indépendance car ils ne risquaient pas d'être arrêtés pour trahison. A la fin du bouquin, après une première victoire, le leader devait quitter la lutte active car il s'apprêtait à fêter ses 18 ans.

 

Pourquoi en faire une série ?

A la lecture du bouquin le pitch de cette histoire m'a immédiatemment accroché. A l'époque (à 15 ans donc) je l'imaginais adapté à l'écran de manière très littérale et en film, ce qui donnerait à n'en pas douter une comédie sociale du terroir dont le cinéma français a le secret, avec Didier Bourdon en maire du village. Mais chut, ne leur soufflez pas l'idée.

Avec le temps l'idée a évolué, suivre le processus de la revendication et l'organisation de l'indépendance sur le long terme en l'abordant sous différents angles me semble plus intéressant. D'où le format série.

 

Faudrait changer des trucs ?

J'en suis venu progressivement à la conclusion qu'il y a davantage à tirer de l'idée d'une communauté qui fait sécession qu'une retranscription à la lettre de l'histoire imaginée par Jean Cernaut.

Ce qui est à peu près figé dans mon idée c'est que le village pittoresque doit se muer muer en quelque chose de moins "carte postale", qui pourrait s'apparenter à une ZAD. Je la visualise comme un complexe industriel abandonné, réinvesti, fortifié et retapé pour héberger une communauté vivant en autarcie. Je sais que ça n'a rien à voir avec l'idée de base mais ça participe au processus de reconstruction, s'installer pour vivre dans un lieu qui n'est pas du tout fait pour ça. En plus de ça il y aurait une vibe urbex, le lieu devrait avoir une vraie personnalité, un côté fascinant, irréel, qui aurait une grande place dans l'identité visuelle de la série.

La revendication d'indépendance ne serait plus un mode de protestation contre un événement local mais une fin en soi probablement déclenchée par une problématique politique plus universelle, en prenant garde à ne pas verser dans le sécessionisme réac. Il faudrait donc aller plus loin que ce que décrivait le livre, au-dela de la revendication : asseoir l'indépendance de la communauté et la regarder s'organiser et se développer, sur les plans logistique et politique avec toutes les problématiques qui en découlent. Et parce que dans la réalité une telle situation serait réglée en quelques tirs tendus de grenades lacrymo; la série montrerait, en plus de la vie à l'interieur de la zone indépendante, l'existence "d'agents" à l'extérieur oeuvrant pour trouver des soutiens logistiques et maintenir un statu quo politique. Bien sûr, l'idée que seuls les enfants participent est abandonnée, je garde ça pour mon projet de reboot de Mission Top Secret.

En revanche sur le ton c'est un peu le roller coaster depuis 20 ans. J'ai eu en tête pendant un moment quelque chose d'assez grandiloquent, avec des personnages aux caractères très marqués tous plus beaux les uns que les autres, des situations over-the-top entre romances et fusillades et une bande son RTL2. Avec l'âge ça m'est passé et c'est une bonne chose, mais je dois dire que voir ce projet se concrétiser sous le titre Casa de Papel m'a doucement fait sourire et m'a confirmé que c'était vraiment une faute de goût.

Aujourd'hui je suis plutôt sur un ton à la Battlestar Galactica (rien que ça) qui prend son temps, ponctué de fulgurances magistrales et qui brasse des thématiques très politiques. Des persos charismatiques développés intelligemment, et une vraie emphase sur le lieu qui doit devenir un symbole reconnaissable.

En clair, le mot a déjà été lâché plus haut, Terre Franche serait l'histoire romancée d'une ZAD autogérée un peu vénère.

 

Et ça sort quand ?

Comme dit précédemment j'ai retrouvé le style complètement pété de mes fantasmes d'ado dans Casa de Papel, et tant qu'on est dans les séries nulles The Last Resort avait un peu le même pitch de départ, mais dans un sous-marin.

Peut-être que je coucherai les grandes lignes de cette histoire quelque part à l'avenir. Pour l'instant je n'ai fait qu'un dessin:

 

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